Pour vous faire patienter de la parution de notre Spécial Japon: un petit intermède spécial Noël & Petit Jésus.
Comme plusieurs millions de terriens qui n’ont pas eu la chance de naître mahométans, ou dans un pays suffisamment pauvre pour empêcher toute considération dinde-aux-marronesque au moment des fêtes, il y a fort à parier que vous étiez hier soir occupé à célébrer le deux-mille-cinquième du fils du boss. Ou à défaut de célébrer: consciencieusement occupé à vous pinter au Dom Pérignon coupé de vodka, tout en mâchant des aiguilles de sapin pour faire passer le temps et accélérer la perte des capacités cognitives.
Vous vous dites qu’il est difficile d’égaler, en termes de sourires crispés et silences inconfortables: le moment où la tante Martha s’est enquise des ambitions reproductrices de l’inverti de la famille, la main baladeuse du grand-père libidineux sur la cuisse de la petite cousine, la bataille de traiteurs entre Belle-Maman et Jocelyne, accompagnée de commentaires fielleux sur la fraîcheur des huîtres et la qualité de cuisson de la volaille, ou bien encore le ton qui monte entre Robert, passablement éméché, et sa femme, dont le décolleté pigeonnant menace à tout instant de relâcher une paire de seins ménopausés sur la bûche, éborgnant au passage Jean-Pierre, qui n’a pas encore commencé à sangloter sur sa séparation récente d’avec Monique, mais ça ne saurait tarder…
Permettez moi dans ce cas de vous narrer cette courte anecdote, sorte de madeleine proustienne des temps modernes, dont le faible intérêt tient essentiellement à sa rigoureuse authenticité.
Le plat en céramique chinoise